Les communistes varois n’ont pas participé au rassemblement du 23 septembre qui s’est tenu place de l’opéra à Toulon sous le mot d’ordre « Non aux violences policières ».

D’une part, si nous partageons une partie du constat sur l’existence de violences policières, sur l’aggravation de la répression gouvernementale, sur la nécessité d’abroger la loi de 2017 assouplissant les règles en matière d’usage des armes à feu par la police, sur la nécessaire réforme des forces de police, des éléments de cet appel nous paraissent alimenter une confusion dommageable dans le contexte actuel.

En effet, l’appel pour les marches du 23 septembre ne condamne pas les dégradations, les attaques, les pillages lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel.

Or les victimes de ces violences ont été d’abord les habitants des quartiers populaires. Ne pas le dire clairement entretient une ambiguïté qui laisse penser que ces violences pourraient être légitimes. Ce n’est pas notre cas.

Les quartiers populaires subissent non seulement la violence policière mais une violence économique, la violence du capitalisme, cause profonde des problèmes sociaux et sociétaux, système que le gouvernement a choisi de soutenir.

IL FAUT DONC LE DIRE !

De plus, l’utilisation du concept général de « racisme systémique », mérite un débat de fond au risque d’empêcher de distinguer les différents mécanismes propres au racisme et finalement de limiter le traitement de ses causes profondes. D’une certaine manière cela peut conduire à affaiblir l’antiracisme par une banalisation de l’accusation de racisme.

Présenter les institutions comme unilatéralement racistes, ce qui tendrait à vouloir dire que la France est un pays raciste, n’est-ce pas faire le jeu d’une partie de la droite et de la droite extrême qui ne cherchent entre-autre qu’à pousser la police à faire bloc autour d’eux.

Enfin, la dimension positive de cet appel ne peut se résumer à structurer des oppositions.

Installer un projet politique porteur d’espoir pose d’autres questions. Le « Plan de réconciliation nationale » proposé par le Pcf porteur de 15 mesures d’urgence peut constituer une base de discussion avec par exemple l’objectif de renforcer, voire de réimplanter les services publics dans les quartiers populaires.

C’est sur de telles questions que les organisations progressistes peuvent travailler dans la durée et l’unité afin de proposer aux couches populaires les voies et moyens d’un rassemblement porteur de solidarité, de respect et de fraternité.

Enfin, alors que des propos visent à comparer le secrétaire national du PCF à J. Doriot, ce qui est une infamie, comment ne pas voir que la violence peut être non seulement physique mais aussi verbale et causer des dégâts tout aussi graves !

Que chacun.e, surtout à gauche reprenne ses esprits et se concentre sur l’objectif dont il et elle ne doit jamais se départir, améliorer la vie des gens et ce faisant, engager un dépassement réussi d’un système capitaliste dont la recherche permanente de profit engendre aliénations, dominations et violences.